Il paraît difficile de souhaiter l’anniversaire d’un mouvement musical lorsqu’on ne sait pas bien quand il est né. D’autant que la plupart des protagonistes de la scène musicale d’alors revendiquent sa paternité. Pourtant en 1976 sort le premier album des Ramones aux Etats Unis et le premier 45 tours des Sex Pistols, groupe emblématique du mouvement en Grande Bretagne. A partir de là on peut parler d’explosion punk : ce premier disque va être le catalyseur de tous les scandales, les censures, les émeutes qu’a pu connaître le Royaume Uni à la fin des années 70.
Les raisons de la colère
Mouvement contestataire par excellence, le phénomène punk résulte de plusieurs facteurs artistiques, économiques et sociaux. S’inscrivant dans une période de crise économique profonde le mouvement punk revendique une appartenance au sous-prolétariat, aux laissés pour compte de la société. Le mouvement punk est né aussi d’une crise des valeurs, le mouvement hippie n’ayant pas tenu ses promesses en terme de révolution des moeurs. L’amateurisme musical, la débrouillardise et le scandale vont être les nouveaux mots d’ordre du mouvement.
Un son brut
Musicalement le mouvement punk temoignera d’un rejet total de tout ce qui a pu exister jusqu’alors. Rejet de l’industrie du disque et des circuits conventionnels de distribution, le punk va surtout s’opposer catégoriquement à la conception musicale des années 70. Hurlements, gémissements, instruments malmenés, tempos accélérés et niveau sonore élevé vont caractériser ce phénomène musical, comme une réaction allergique à la "musique progressive" qui envahissait dangereusement les bacs de l’époque. C’est aussi le "droit de jouer et chanter faux" qui est revendiqué, pourvu qu’on ait quelque chose d’authentique à dire. Le faible niveau de compétences musicales nécessaire à cet art (dont le côté approximatif est un héritage du rock garage des années 60) va encourager des milliers de jeunes à former leur propre groupe sans complexe, tout de suite, voyant là une opportunité d’exprimer leur mécontentement.
D.I.Y. : La débrouillardise comme art de vivre
Le mouvement met par ailleurs en avant une philosophie DIY (do it yourself) : tout faire soi-même, se débrouiller avec ce que l’on a (pas), inventer un circuit alternatif pour faire atterrir son disque dans les bacs, récupérer des instruments tombés du camion, faire un marcel à partir d’un tee-shirt manches longues... Les fanzines se multiplient. Bricolages journalistiques partisans dévoués à la cause punk, ils ont joué un rôle important dans la diffusion et le développement de la culture underground.
Les Sex Pistols, de par leur exposition cristallisent une grande partie des rumeurs et des scandales autour du punk. Le fameux slogan "No future", loin d’être pessimiste est en fait un message à destination de la monarchie britannique, cible privilégiée des Sex Pistols : pour eux elle n’a pas d’avenir. L’histoire du groupe est pour le moins sulfureuse et le parfum de scandale entourant chacune de leurs apparitions est presque une marque de fabrique. Les concerts sont régulièrement le théâtre d’affrontements groupe/public, ou public/public ou encore groupe/groupe ! Très vite les salles de concerts refusent de les accueillir, les ruptures de contrat se succèdent.Crachats, vomi, bagarres, sueur et drogue, tel est le quotidien des Pistols. Injustement associés au National Front britannique, traînés dans la boue, ils se défendent de cette haine à leur encontre autant qu’ils l’entretiennent .



















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