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Jeudi 30 novembre 2006
30 ans et toujours sur la crête
Il paraît difficile de souhaiter l’anniversaire d’un mouvement musical lorsqu’on ne sait pas bien quand il est né. D’autant que la plupart des protagonistes de la scène musicale d’alors revendiquent sa paternité. Pourtant en 1976 sort le premier album des Ramones aux Etats Unis et le premier 45 tours des Sex Pistols, groupe emblématique du mouvement en Grande Bretagne. A partir de là on peut parler d’explosion punk : ce premier disque va être le catalyseur de tous les scandales, les censures, les émeutes qu’a pu connaître le Royaume Uni à la fin des années 70.

Les raisons de la colère
Mouvement contestataire par excellence, le phénomène punk résulte de plusieurs facteurs artistiques, économiques et sociaux. S’inscrivant dans une période de crise économique profonde le mouvement punk revendique une appartenance au sous-prolétariat, aux laissés pour compte de la société. Le mouvement punk est né aussi d’une crise des valeurs, le mouvement hippie n’ayant pas tenu ses promesses en terme de révolution des moeurs. L’amateurisme musical, la débrouillardise et le scandale vont être les nouveaux mots d’ordre du mouvement.

Un son brut
Musicalement le mouvement punk temoignera d’un rejet total de tout ce qui a pu exister jusqu’alors. Rejet de l’industrie du disque et des circuits conventionnels de distribution, le punk va surtout s’opposer catégoriquement à la conception musicale des années 70. Hurlements, gémissements, instruments malmenés, tempos accélérés et niveau sonore élevé vont caractériser ce phénomène musical, comme une réaction allergique à la "musique progressive" qui envahissait dangereusement les bacs de l’époque. C’est aussi le "droit de jouer et chanter faux" qui est revendiqué, pourvu qu’on ait quelque chose d’authentique à dire. Le faible niveau de compétences musicales nécessaire à cet art (dont le côté approximatif est un héritage du rock garage des années 60) va encourager des milliers de jeunes à former leur propre groupe sans complexe, tout de suite, voyant là une opportunité d’exprimer leur mécontentement.

D.I.Y. : La débrouillardise comme art de vivre
Le mouvement met par ailleurs en avant une philosophie DIY (do it yourself) : tout faire soi-même, se débrouiller avec ce que l’on a (pas), inventer un circuit alternatif pour faire atterrir son disque dans les bacs, récupérer des instruments tombés du camion, faire un marcel à partir d’un tee-shirt manches longues... Les fanzines se multiplient. Bricolages journalistiques partisans dévoués à la cause punk, ils ont joué un rôle important dans la diffusion et le développement de la culture underground.

Les Sex Pistols, machine à scandales
Les Sex Pistols, de par leur exposition cristallisent une grande partie des rumeurs et des scandales autour du punk. Le fameux slogan "No future", loin d’être pessimiste est en fait un message à destination de la monarchie britannique, cible privilégiée des Sex Pistols : pour eux elle n’a pas d’avenir. L’histoire du groupe est pour le moins sulfureuse et le parfum de scandale entourant chacune de leurs apparitions est presque une marque de fabrique. Les concerts sont régulièrement le théâtre d’affrontements groupe/public, ou public/public ou encore groupe/groupe ! Très vite les salles de concerts refusent de les accueillir, les ruptures de contrat se succèdent.Crachats, vomi, bagarres, sueur et drogue, tel est le quotidien des Pistols. Injustement associés au National Front britannique, traînés dans la boue, ils se défendent de cette haine à leur encontre autant qu’ils l’entretiennent .

Par Ptitdemon
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Jeudi 30 novembre 2006
Le propre de l'utopie, par rapport à la chimère ou à l'idéal, c'est qu'elle s'incarne partiellement dans le temps et dans l'espace.
    Ce qui est utopique dans l'utopie, c'est la confusion entre la quête et son objet, entre la quête et sa réalisation.
    L'anarchie ne viendra pas. Elle est déjà là. Ici ou là, dans la volonté de certains individus, dans le relatif de certaines situations, de certains moments.
    L'anarchie n'a ni terre, ni jour d'élection, elle est toujours et partout présente. Ses ennemis le savent qui la voient pointant son nez ironique et critique dans les affaires sérieuses du monde.
    L'anarchie n'est l'apanage de personne, d'aucune organisation, c'est ce qui en fait son insidieux danger.
    Inutile d'attendre l'inattendu. Les explosions libertaires surprendront toujours. Elles feront irruption dans les états imprévisibles, fragiles, instables.
    L'anarchie n'est pas faite d'absolu, elle ne se réalise que dans l'éphémère. Elle ne supporte pas la durée, ni l'universel. Elle peut se répéter mais préférera toujours l'instant et le local.
    L'anarchie vit en chaque individu qui, engagé aux côtés de l'esclave, refusera aussi bien de commander que d'obéir. Elle s'épanouit dans celui qui vit sans subir ni soumettre.
    L'anarchie advient chaque fois dans ces moments extraordinaires où l'appétit de puissance, le désir de primer est vain car disqualifé par la jouissance des libres-égaux.
    L'ordinaire n'est pas fait de cela. Le renoncement à l'exercice du pouvoir, c'est-à-dire à " agir autrui ", ou (et c'est la même chose) à l'exercice de la servitude (c'est-à-dire " être agi par autrui ") est proprement surhumain.
    La recherche pulsionnelle de l'emprise sur le monde ne peut se satisfaire des choses et tend naturellement à s'étendre aux êtres... humains compris. Et de préférence aux autres. Humain, trop humain !
    Comment maîtriser sa vie sans dominer celles des autres ?
    Au mieux, voilà le problème.
    L'activisme politique, dès qu'il tente de convaincre, c'est-à-dire dès qu'il dépasse le projet de faire réfléchir, est une tentative de prise de pouvoir. Les intentions sur autrui sont des promesses d'une violence. Comment abattre les maîtres sans prendre leur place ? Comment contribuer à la révolte des esclaves sans prendre leur tête ?
    Trop de libertaires préfèrent ne penser à rien entre action directe et inaction critique.
    Les plus lucides (par réflexion ou par intuition) s'installent, se réfugient dans l'idéal et ne vivent jamais la réalité. Ils consomment leur temps à calomnier la réalité et ratent ainsi les moments fugaces où idéal et réalité s'entrecroisent.
    Les plus impatients disqualifient la réalité et tentent de lui imposer, de force et en vain, leur idéal.
    Alors, à quoi bon l'idéal libertaire de liberté ?
    Alors, à quoi bon l'idéal anarchiste d'une société sans pouvoir ?
    Ces idéaux font de nous des amateurs de liberté et d'aventures collectives. Non seulement, nous éveillons et recueillons ces moments (de liberté et d'autogestion) comme des éternité joyeuses de l'instant mais nous tentons d'en créer les conditions. Nous nous faisons auteurs de situations macro ou micro-sociales où la liberté des uns se conjugue à celle des autres selon un déterminisme aléatoire. Comme pour un enfantement, nous pouvons préparer leur émergence sans pour autant les ordonner à coup sûr. Comme tout enfantement, ces situations peuvent naître sans intentions conceptives et peuvent aussi mourir avant ou après terme malgré nos désirs de pérennité.
    L'utopie est à la politique ce qu'est le fantasme à l'amour. Elle en est l'énergie. Pas de politique sans utopie. Mais son règne condamne tout politique, car il n'y a de politique que de pouvoir.
    L'utopie libertaire conçoit une organisation sociale où les rapports sociaux garantissent la mise en oeuvre de relations humaines fondées sur la complémentarité égalitaire des individus au service de leur liberté créatrice.
    L'utopie anarchiste représente le carillon des possibles humains. Elle permet à l'humanité de s'entendre en concert.
    Le danger est autant de renoncer à la course asymptotique que de confondre la course et sa direction. Notre seul bien est le réel, c'est-à-dire la politique (l'exercice des pouvoirs) et son rêve (de liberté et d'égalité).
    Notre seul bien est le réel, constitué de l'écart entre désir et réalité. Le danger est de supprimer l'un des termes de ce qui reste à jamais une contradiction, celle qui nous fait vivre. Qui nous fait vivre désespérément, sans illusion, désabusés mais justement joyeux. Joyeux du libertaire improbable déjà, ici ou là, partiellement réalisé. Renonçant à l'absolu de la société idéale " anarchiste ", nous goûtons le moindre rapport social libertaire et nous tentons d'élargir ses moments.
    Ni dieu ni maître, disons-nous, c'est-à-dire pas de sauveur suprême. Il faut ajouter pas de sauveur du tout... car il n'y a pas de salut. Pas de salut au-delà de la vie, ici et maintenant. Pas de salut au-delà de la vie quotidienne.
    Militons pour le présent et non pour l'absent.
    La vie passe et nous n'attendons pas de compensation hors d'elle, hors de celle que nous inventons et bâtissons nous-mêmes, effectivement, à chaque instant.
Vivons désespérément pour vivre joyeux maintenant.
    L'anarchie est pour nous une manière de goûter le monde et non de mourir la gueule ouverte.
Par Ptitdemon
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Jeudi 7 décembre 2006
Par Ptitdemon
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Jeudi 7 décembre 2006

Par Ptitdemon
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Mardi 12 décembre 2006


La Plante interdite!!

Le Cannabis Sativa est une des plantes les plus anciennement cultivée par l'homme. Le travail du chanvre était déjà développé en Chine 10'000 ans avant JC. On a d'abord récolté les graines pour se nourrir, puis on a découvert qu'en brisant la tige on pouvait en retirer des fibres pour faire du papier, cordes, des filets de pêches ou même du textile.

Chanvre se dit «Mâ» en chinois, ce qui signifie «plante à deux sexes», à la fois mâle et femelle. Le chanvre fut aussi la première plante à être cultivée pour la fabrication des armes de guerre. Les Chinois ont d'abord utilisés des bambous pour les arcs,
avant de découvrir que la fibre de chanvre était plus résistante. Dés lors, les empereurs firent affecter une partie des terres pour la culture exclusive du chanvre. Arme de guerre, le chanvre servait également à la culture.
Pendant longtemps, les chinois ont jalousement gardé le secret de la fabrication du papier de chanvre. Il faut attendre le Ve siècle de
notre ère pour que ce savoir soit d'abord transmis au Japon, avant de s'étendre au Moyen-Orient et apparaître finalement en Europe au XIIIe siècle. L'utilisation de la plante remonte au XXVIIIe siècle avant J.-C., lorsque l'empereur Chen Lung fonda la médecine chinoise.
On soignait alors les blessures de guerre en appliquant les feuilles de cannabis directement
Aujourd'hui encore, dans le monde entier, des médecins plaident en faveur de l'utilisation des fleurs de cannabis comme traitement contre la douleur, notamment pour les patients atteints du cancer et du sida.
Le cannabis fut également cultivé sur les marches du continent Indien, Kazakhstan, Pakistan, Népal, Cachemire d'aujourd'hui. Les fermiers indiens l'utilisaient pour faire de la farine.

Les graines servaient aussi de nourriture et fournissaient une huile à faible teneur en acide gras. Au IIIe siècle après J.-C., l'empereur romain Gallien recommande l'usage du cannabis qui, assure-t-il, entraîne bonheur et hilarité.
Pour les romains, le chanvre était vraiment le nerf de la guerre.
Ceci nous offre une parfaite illustration de l'importance stratégique du chanvre dans toutes les sociétés à travers l'histoire. Les romains possédaient des réserves de chanvres des deux côtés des Alpes. Ils en avaient une à Ravenne et une à Vienne. Le fournisseur de chanvre occupait une place très importante dans la hiérarchie. Ils l'utilisaient également sous toutes ses formes: vêtements, abris, nourriture et médecine.
Plus tard, les chrétiens diabolisent le cannabis et lient son usage aux rites sataniques.

Il faut attendre le IXe siècle et Charlemagne pour voir à nouveau encouragée la culture de chanvre. Dans les monastères, les moines
copistes travaillent sur du papier de chanvre à la lumière de lampes à huile... de chanvre. 1455, c'est sur du papier chanvre que Guttemberg imprime sa première bible. En 1484, le pape Innocent VIII déclare sacrilège la consommation de cannabis.

Christophe Colomb découvrit l'Amérique en 1492 et y introduit le chanvre par la même occasion. Parmi les cadeaux qu'il offre aux
Indiens, on y trouve des graines et des vêtements de chanvre. Le
chanvre sert à la fabrication des voiles et cordages. Grâce à lui, la France, l'Angleterre, l'Espagne et le Portugal développent leurs
puissances maritimes. En 1620, le May Flowers transporte les colons
anglais qui vont conquérir l'Amérique; dans sa cale il emporte également des graines de chanvre.
Cent ans plus tard, c'est sur du papier chanvre que sont écrites les ébauches de la constitution américaine, c'est également le cas de la Déclaration d'indépendance en 1776.
Les graines furent également introduites en Amérique par les esclaves.
Pendant des siècles, le chanvre reste une matière stratégique pour l'Angleterre. Au début du XIXe siècle, il compose toujours l'essentiel des voiles et cordages des navires. Il est importé à 90% d'Italie et
de Russie.

Dans l'Europe du XIXe siècle, la mode est au cannabis, l'Orient et ses mystères provoquent les passions les plus folles. La vogue orientale
influe sur les règles vestimentaires, la destination des voyages ou la décoration des intérieurs. Pour se conformer au goût du jour, on fume, selon la méthode ancestrale, la pipe à eau, également appelée «Mouga» .

A Amsterdam le cannabis importé d'Afrique du sud depuis 1660 se fumait dans les coffee shop, une tradition qui se perpétue encore aujourd'hui.
A la fin du XIXe siècle, les émigrants indiens introduisent le
cannabis au Mexique où il prend le nom de marijuana et devient le symbole de la révolution de Pancho Villa avec la chanson «la Cucaracca» .
De leur côté, les fermiers mexicains reprennent à leur compte la
méthode indienne du ruissage pour apprêter les fibres. Ils fabriquent toutes sortes de produits, des chapeaux aux sacs, en passant par les tapis.

Du Mexique, la marijuana voyage jusqu'au sud des Etats-Unis. Les
esclaves des plantations de cotons la consomment pour tenter d'adoucir leur condition. Puis c'est au tour des bidonvilles de Louiseville -Dixieland et le swing -de découvrir la fièvre de la marijuana, elle y est connue sous le nom de « reefer ».


Par Ptitdemon
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